Hier, le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a vivement critiqué la décision du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) d’abolir le programme RénoRégion. Lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, il a interpellé la vice-première ministre en compagnie de la députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, pour obtenir des explications sur cette mesure.
Le programme RénoRégion visait à soutenir financièrement les propriétaires à faible revenu vivant en milieu rural afin de leur permettre d’effectuer des rénovations essentielles sur leur résidence. Il s’adressait aux ménages gagnant moins de 30 000 $ et dont l’habitation avait une valeur inférieure à 150 000 $.
Des préoccupations soulevées à l’Assemblée nationale
Paul St-Pierre Plamondon a exprimé son indignation face à cette suppression, soulignant l’impact de la décision sur les citoyens les plus vulnérables. « Je veux qu’on soit clair ici, on parle d’un programme qui vise des Québécoises et des Québécois qui ont un salaire de moins de 30 000 $ pour des habitations dont la valeur est moins de 150 000 $, un programme qui coûte à peine 15 millions par année. Lorsque vient le temps d’aider la grande entreprise, là, à coups de centaines de millions, on ne les compte pas, les milliards jetés par les fenêtres, parce que ça, c’est des “risques calculés”, mais, quand, par contre, on demande à des Québécois plus vulnérables en situation de précarité financière de… de se serrer la ceinture pour des miettes, alors là, il n’a pas de problème à oublier la réalité des Québécois, particulièrement en région. Est-ce que la vice-première ministre peut se lever au nom de son gouvernement et reconnaître que l’abolition du programme RénoRégion est une erreur, une erreur grave et malaisante ? », a-t-il déclaré.
La députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, a pour sa part insisté pour savoir ce que le gouvernement comptait mettre en place en remplacement du programme. « Le programme RénoRégion, justement, résidait dans le fait d’aider à faible coût des résidences qui avaient besoin des rénovations dans l’immédiat. Donc, j’aimerais vraiment entendre la ministre ici expliquer pourquoi ces Québécois-là, qui sont dans une situation de vulnérabilité, se voient couper l’aide qui leur permettrait de faire des rénovations urgentes, qui leur permettraient de vivre avec un minimum de dignité. J’aimerais entendre la ministre de l’Habitation nous dire ce qu’elle compte faire concrètement, là, maintenant que le programme est coupé, qu’est-ce qu’on va faire pour que ces citoyens-là puissent vivre dans la dignité ? », a-t-elle questionné.
Une inquiétude pour les régions
Le député Pascal Paradis a également réagi en point de presse, dénonçant une décision qui, selon lui, touche particulièrement les régions du Québec. « C’est une grande preuve d’insensibilité à la situation du logement dans les régions, parce que souvent il n’y a pas d’alternative. Les gens doivent faire ces rénovations urgentes pour demeurer chez eux. Il n’y a pas d’autre option. Où sont les députés caquistes des régions pour défendre cette mesure-là, qui concerne plusieurs régions du Québec ? C’est inexplicable », a-t-il déclaré.
Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas annoncé de mesures compensatoires pour remplacer le programme RénoRégion. Les opposants à son abolition craignent que de nombreux ménages à faible revenu en milieu rural se retrouvent sans aide pour rénover leur domicile, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la qualité du parc immobilier dans certaines régions du Québec.