Les diffuseurs de spectacles : des acteurs culturels et économiques de premier plan

La traditionnelle rentrée culturelle de septembre sera différente cette année, mais une chose demeure : les acteurs de l’industrie de la diffusion de spectacles seront au rendez-vous. Les diffuseurs pluridisciplinaires de spectacles offrent une vitrine d’exception, voire un tremplin pour les artistes d’ici et d’ailleurs. Ils comptent bien poursuivre leur mission, malgré les difficultés engendrées par la COVID-19, car le rôle qu’ils jouent sur le plan culturel et économique est majeur. C’est ce que révèle l’Étude sur la contribution économique des diffuseurs des arts de la scène à l’économie du Québec, réalisée par la firme AppEco et que vient de dévoiler l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles.

Le rôle du diffuseur est d’organiser la présentation de spectacles devant le public. Certes, le diffuseur ne « fabrique » pas le spectacle, mais il maximise son rayonnement au Québec et ailleurs dans le monde. Les arts de la scène au Québec, c’est près de 20 000 représentations, quelque 8 millions de spectateurs et des revenus avoisinant les 300 M$.

L’étude rendue publique aujourd’hui comporte trois parties : un portrait du secteur de la diffusion de spectacles, un calcul des retombées économiques des diffuseurs pluridisciplinaires membres de RIDEAU, ainsi qu’une analyse du soutien public fourni à ces organismes. D’abord, les diffuseurs pluridisciplinaires membres de RIDEAU et ayant contribué à l’étude ont un chiffre d’affaires annuel de 144,6 M$ (245,5 M$ valeur de production totale). Soulignons également qu’en moyenne, 70 % des revenus des diffuseurs pluridisciplinaires sont autonomes.

Bon an mal an, les diffuseurs RIDEAU contribuent à générer un PIB de 135 M$ et procurent 19,7 M$ en entrées fiscales nettes, dont plus de 60 % proviennent des fournisseurs et des dépenses de consommation des travailleurs. Ces chiffres sont fort conservateurs, car ils ne prennent pas en compte les retombées économiques que génère la sortie culturelle en tant que telle et qui se

traduit par un repas au restaurant et/ou une sortie au bar avant ou après le spectacle.

Une industrie précaire

À l’heure actuelle, les quelque 1 940 emplois directs créés par les diffuseurs pluridisciplinaires sont menacés, en raison du manque de soutien financier auquel sont confrontées les salles de spectacles. Comme le démontre l’Étude sur la contribution économique des diffuseurs des arts de la scène à l’économie du Québec, certains doivent générer près de 90-95 % de revenus autonomes, car les diffuseurs pluridisciplinaires se partagent une mince part de l’aide financière accordée par Québec et Ottawa. Plus précisément, les gouvernements fédéral, québécois et municipaux supportent 34 % des revenus des diffuseurs, comparativement à 40 % pour les arts de la scène excluant les diffuseurs. Qui plus est, les diffuseurs pluridisciplinaires sont encore moins gâtés, avec un soutien public moyen à hauteur de 30 % de leurs revenus.

Cette situation de précarité n’a fait que s’aggraver avec la crise de la COVID-19. Après une fermeture de plusieurs mois, les salles ne peuvent toujours pas accueillir leur clientèle au maximum de leur capacité. Les diffuseurs pluridisciplinaires voient aussi leur budget diminuer en raison de pertes de revenus auxiliaires liées, notamment, aux commandites ainsi qu’aux remboursements de billets de spectacles ou billets non vendus.

Un secteur durement affecté par la pandémie

Compte tenu du fait que les gouvernements fédéral et québécois appuient les diffuseurs pluridisciplinaires dans une proportion moindre, ces derniers étant les moins subventionnés, leur modèle d’affaires est celui qui a été le plus affecté par les conséquences de la pandémie.

Chaque mois d’inactivité depuis le début de la crise engendre des pertes de revenus d’environ 7 M$ chez les diffuseurs pluridisciplinaires. Entre le 12 mars et le 30 juin, ce sont plus ou moins 3700 représentations qui n’ont pas eu lieu, toutes disciplines confondues. De ce nombre, 2 000 ont été annulées et les autres ont été reportées, soit à l’automne, soit en 2021. On estime que cela représente des pertes en billetterie de 17 M$, dont plus ou moins 75 % seraient retournés aux producteurs et aux artistes.

Les défis sont grands pour les petites et grandes salles de spectacles du Québec qui travaillent à reconstruire une offre culturelle pour l’automne afin de garder leurs lieux vivants et les liens avec les clientèles actives.

Plus tôt au mois d’août, le ministère de la Culture et des Communications a annoncé qu’il verserait 20,3 M$ à 318 organismes de création, de production et de diffusion soutenus par le CALQ. RIDEAU a d’ailleurs salué la compréhension de la réalité des diffuseurs pluridisciplinaires dont a fait preuve le CALQ dans l’attribution des montants d’aide. Cette contribution financière viendra soutenir les membres RIDEAU dans cette importante prise de risque, faite au départ sans filet.

Néanmoins, les diffuseurs pluridisciplinaires ont besoin davantage de soutien pour assurer le maintien de leurs activités dans le temps. Les restrictions quant au nombre de personnes pouvant être accueillies en salle hypothèquent toujours grandement leur capacité de rentabiliser leurs activités de diffusion, ce qui rend difficile la relance à moyen terme. En ce sens,

une aide financière pour soutenir la billetterie demeure nécessaire pour permettre une reprise significative des activités et maintenir les milliers d’emplois qui en découlent.

Citations

« Le milieu des arts de la scène, dont les membres de RIDEAU, travaillent activement à la relance de leurs activités. Alors que la rentrée culturelle s’amorce, tous travaillent avec ardeur et jonglent avec leur budget pour mettre en place des programmations intéressantes pour cet automne et cet hiver. À ce chapitre, l’aide accordée par le CALQ a donné un sérieux élan aux diffuseurs. Cependant, notre réalité est telle que la contribution du CALQ ne sera pas suffisante pour permettre une reprise significative des activités à moyen terme. Sans aide à la billetterie, nous ne tiendrons pas plus que 6 à 8 mois. » a déclaré M.David Laferrière, président de RIDEAU, l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles

À PROPOS DE RIDEAU

Fondée en 1978, l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles – RIDEAU travaille au développement et à la reconnaissance du secteur d’activité de ses membres ainsi qu’à la promotion de leurs besoins, droits et intérêts. Ses membres, dont les activités visent à favoriser l’accès de la population à une offre artistique diversifiée et de qualité, sont répartis sur tout le territoire québécois et en francophonie canadienne.

RIDEAU compte 170 membres, 350 salles de spectacles et festivals, des réseaux sur tout le territoire, 14 000 représentations de spectacles et 3,5 millions de spectateurs annuellement.

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